Le rythme de la vie

Lorsque nous évoquons le rythme nous pensons naturellement à la musique. Mais, la rotation de la terre autour du soleil, celle de la lune autour de la terre, les saisons, les marées, la vie. L’homme a eu besoin de chiffrer et de nommer ces rythmes : 365 jours, 3 mois, 4 semaines, 7 jours, 24 heures, 60 minutes, 60 secondes. L’être humain a toujours voulu contrôler le temps mais ceux ne sont pas ces quelques chiffres, ses mots griffonnés sur un parchemin qui vont changer la réalité des choses : nous sommes les esclaves du temps et de ses rythmes.

Parlons de ce que nous pouvons voir : la nature. Au printemps, les journées se font plus longues, le soleil plus présent, il commence par réchauffer nos cœur engourdi par l’hiver puis nos corps. Le fond de l’air se fait plus doux. Les premières fleurs, les premiers bourgeons apparaissent. Puis vient l’été et son foisonnement d’odeurs, de couleurs où l’astre solaire baigne choses, êtres et plantes. L’automne quant à lui annonce le repos de cette terre nourricière. Il nous offre une abondance de couleurs chatoyantes avant de tirer sa révérence et de laisser place à l’hiver. Il permet à Dame nature de se reposer. Il est froid, il est généralement gris, il est aussi l’artisan de magnifique paysage, il permet à l’été de rayonner sur une autre partie de notre terre.

Les Marées : sous l’influence de la lune, nos océans viennent lécher les côtes ou s’éloigner presque jusqu’à la ligne d’horizon. En un ballet récurant, les vagues viennent se briser sur les plages dans un nuage d’écume. Aux marées d’équinoxes, elles se gonflent, s’amplifient, avancent à l’allure d’un cheval au galop, et s’impose en un mur d’eau qui vient se fracasser dans les terres bien au-delà des plages.

La vie, notre vie est régie par le temps. Nous avons une date de péremption. Nous naissons, vivons et mourrons. Les neuf mois passés dans le ventre de notre mère sont rythmés par les battements de son cœur. Nous venons au monde, durant presque deux années, nos parents vivent au rythme des biberons, des couches, de nos larmes et tout cela, en plus de celui de leur vie. Les années passent, l’école : la maternelle, la primaire, le collège, le lycée, l’université pour certains. Toutes ces années passées sous l’emprise du temps. Il ne risque pas de nous lâcher de sitôt. Travailler, gagner sa vie, la course pour vivre, prendre du plaisir, attraper ces parcelles, ces moments particuliers que nous appelons bonheur. Du jour au lendemain, cette course infernale s’arrête : la retraite. Les heures filent encore mais différemment, il faut de soi-même donner un nouveau rythme à nos journées, trouver des activités pour remplir le vide de l’arrêt de l’affairement professionnel. Depuis l’enfance nous sommes conditionnés, il faut nous désintoxiquer. Le troisième, le quatrième âge, encore des formules pour réguler le temps et son rythme. Le sablier s’égrène encore, petit à petit il marque notre fin, la fin de notre vie. Une fin définitive pour certains, la promesse d’une réincarnation pour d’autres, la porte vers l’inconnu.

Nos ancêtres, nous, nos enfants ont vécu et vivront au rythme de la vie ainsi que tout être et plante vivant sur notre bonne vieille terre. Je vous souhaite une bonne et belle vie rythmée par les joies, les bonheurs que nous offrent notre capacité à réfuter le temps. Je vous dis au revoir, tiens ! une chanson me trotte dans la tête : « Et je chante, chante, ce refrain qui me plait, et tu danses, danses… »

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