Etienne et Joséphine se sont mariés le 14 décembre 1814 à Boulogne sur Mer, ville qui les a vu naître. Dans la corbeille de mariage, une comtoise offerte par Louis-Marie Bernard le frère de Joséphine. C’est lors de l’un de ses voyages que Louis Marie a rapporté cette grande horloge. Il l’a trouvé chez un artisan de Morbier en Franche-Comté. Pour lui, c’est le cadeau idéal pour un jeune couple. Mais ce qu’il ne savait pas c’est que son mécanisme était l’œuvre du diable. Le tic-tac des secondes, le bruit de cloche des heures étaient une vrai calamité. Les trois ménages vivant dans cet immeuble n’en pouvaient plus. Les douze coups de minuit ou de midi résonnaient d’étage en étage, réveillant même les habitants des maisons mitoyennes. Etienne arrêta le balancier et le silence revint enfin.

Contrarié, Louis Marie écrivit à l’artisan. Quelques semaines plus tard, il reçu une réponse. La comtoise n’a pas supporté le voyage dans le porte bagage de la diligence, elle est dérèglée. Il doit se rendre en Angleterre fin janvier, il passera à son retour. Le 10 mars, un petit homme d’une cinquantaine d’années, au visage buriné, au regard vif et intelligent, aux mains caleuses frappa à leur porte. Il se présenta, il avait un accent que les amoureux ne connaissaient pas. Comme promis, il venait réparer, non régler, le précieux mécanisme. Il sorti quelques outils de sa besace, déplaça l’horloge et ouvrit le ventre de la bête. Quelques minutes plus tard, un tic-tac adéquat sorti de l’engin. Etienne et Joséphine craignaient encore le rappel des heures. Joséphine invita le petit homme à partager leur repas. Les douze coups de midi sonnèrent clairement, délicatement sans faire trembler les murs. Louis Marie arriva un peu avant 13 heures, il sourit satisfait. Son cadeau avait maintenant son utilité.