La passeuse de souvenirs

Ce n’est pas seulement une bague !

Elle est née dans l’atelier d’un bijoutier pendant le règne de Napoléon III.

J’imagine que Louis Wattebled l’a offerte à sa promise, Anastasie Verhaeghe, à l’occasion de leur mariage en 1877. Ou peut-être était-ce une promesse de mariage.

Anastasie la porta pendant de nombreuses années avant de la confier à l’une de ses filles, Céleste. Je me plais à voir Céleste contempler avec tendresse ce bijou reçu par amour.

En 1956, Émile Courageux, futur neveu par alliance, n’avait pas les moyens d’acheter une bague de fiançailles à Marguerite Le Petit. Céleste la lui confia afin que sa nièce puisse porter une jolie bague. Pensait-elle que ce petit bijou avait le pouvoir de transmettre bien plus que de l’or et des diamants ?

Marguerite reçut ce cadeau avec d’autant plus d’émotion qu’il lui rappelait son oncle Gaston et son épouse Céleste.

À Noël 2011, Maman déposa cette bague entre mes mains : « Ne la vends pas, c’est une bague de famille. » Depuis ce jour, elle ne quitte plus mon doigt.

Un jour, ce précieux témoin quittera peut-être ma main. Peu importe qui le portera ensuite. Grâce à ces quelques lignes, son histoire, elle, ne se perdra pas.

De la main d’Anastasie à la mienne, il a traversé quatre générations de femmes, portant avec lui bien plus que l’éclat de l’or et des diamants.

Bien plus qu’un bijou, cette bague est une passeuse de souvenirs.

Laisser un commentaire