De Calais à Boston, Massachusetts

« Bonjour Rose, comment vas-tu ?

  • Où suis-je ?
  • Chez moi à Clermont Ferrand. J’ai besoin de toi ma petite Rose. Je viens de faire une découverte et nous ne serons pas trop de deux pour vérifier les documents.

Rose parcourt la pièce du regard. La petitesse de l’appartement la choque un peu mais elle sait que je préfère un petit nid douillet. Elle ne dit rien, elle me connait. Elle est époustouflée par la vue de la fenêtre. Dans le petit matin d’octobre, les faibles rayons du soleil donnent une couleur jaune sable aux bâtiments, la végétation encore tout engourdie s’entoure d’une fine brume vite dissipée.

  • Pas de problème Catherine, c’est avec grand plaisir.
  • Je te rappelle la situation. Mon grand père est bien plus âgé que ma grand mère. Il a été marié une première fois et a eu neuf enfants de ce premier lit. Je recherchais la date du décès d’un de ses fils William Jérémy Léon LE PETIT sur GENEANET et sur ANCESTRY, deux des sites dédiés à la généalogie. Sur GENEANET, aucun résultat mais sur ANCESTRY j’ai trouvé un William J LE PETIT.
  • Comme je te connais, tu as dû trépigner sur place et…
  • Et je vais trépigner si tu ne me laisses pas terminer. J’ai donc trouvé un William J LE PETIT, puis une Marguerite HUREZ-LE PETIT son épouse.
  • Sur ce recensement de 1950, il n’y a pas seulement William et Marguerite mais aussi Raymonde.
  • Tu as donc pensé qu’il s’agissait de leur fille.
  • Exactement Rose ! Il y avait bien une Raymonde LE PETIT née en 1919 en France.
  • Regarde ces documents Rose et dis moi si tu suis le même raisonnement. Par l’article du Boston Globe, j’ai su que Raymonde n’était pas fille unique mais qu’elle avait au moins deux sœurs Susan et Margaret. J’ai donc recherché dans les archives départementales du Pas de Calais. Susan Marguerite est née le 3 juillet 1922 à Calais et Marguerite Violette est née le 6 novembre 1924 également à Calais.
  • As tu trouvé trace de la naissance de Raymonde ?
  • Non Rose, pas encore. Elle est née avant le mariage de ses parents. Porte-elle le nom de sa mère HUREZ où celui de son père ? Elle a vu le jour où ? à Toulon où son père vivait, à Valenciennes la ville natale de sa mère où à Calais ? Il manque justement cette période dans les tables décennales.
  • As tu des renseignements sur les époux ?
  • Pour Susan, je n’ai pas eu de souci, le nom était bien orthographié sur l’article de journal : ROCUZAC. Elle a du épouser ce Jean ROCUZAC en France. A leur arrivée en Amérique en 1951 ils étaient tous les deux notés sur le manifeste.
  • As tu trouvé le lieu de naissance de Jean ?
  • Non, il faut que j’étende mes recherches.
  • Et pour Marguerite Violette qu’as-tu trouvé ?
  • Pas grand chose ma petite Rose. Je n’ai déjà pas pu établir correctement le nom de son mari : James F Fnel ! Les réponses fusent dans toutes les directions : Etats Unis, Angleterre, Irlande… Mais je ne désespère pas.
  • Je m’en doute, tu ne vas rien lâcher. En fin de compte tu n’avais pas besoin de moi.
  • Si Rose, tu m’as aidé à structurer mon travail. Merci ma petite Rose ».

Un instant plus tard, Rose était repartie vers son époque. Je me retrouve seule devant mes papiers. Je vais écrire aux mairies, j’aurai peut être des réponses.

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