
Je vais m’intéresser à la vie de Charles François POINTEZ fils. Discrètement, je vais le suivre et vous faire partager les évènements importants qui ont jalonné sa vie, la vie d’un ascendant de la cinquième génération de Catherine. Charles est née à l’époque où Saint Pierre Les Calais est encore un coin de campagne. Les fermes, les jardins maraichers sont encore en très grand nombre au début de ce XIXème mais durant ce siècle la ville va bien changer. Charles a trois sœurs plus âgées : Françoise née en 1794, Geneviève en 1796 et Marie Marguerite en 1798. Je n’ai pas de mal à imaginer qu’il est comme un coq en pâte avec toutes ces filles pour le servir et l’aimer. Comme son père Charles est jardinier et en 1826 il épouse Marie Antoinette LECOCQ âgée de 17 ans, jardinière. La malheureuse décède 4 mois plus tard et laisse un mari totalement désemparé. Il lui a fallu près de trois années pour se résoudre à reprendre épouse. En décembre 1828 il épouse Geneviève DUBOIS.

Nous sommes le 10 avril 1840, Pierre Louis le quatrième enfant du couple vient de naître, je vais aller leur rendre visite au 56 rue des Hautes Communes à Saint Pierre les Calais. J’avais l’intention de faire une partie du chemin à pied quand de gros nuages ont noirci le ciel. Depuis quelques jours, le temps est capricieux. L’ air est doux et annonce le printemps mais, en peu de temps, de fortes bourrasques et des trombes d’eau et de grêle s’abattent, nous trempent jusqu’aux os et nous font frissonner. Raisonnable, je prends l’omnibus. Les rues Jacquard, Lafayette défilent au rythme des chevaux, je descends rue de l’Egalité à quelques mètres de leur domicile. Ils vivent dans une petite maison où, dans les combles, une ou deux chambres ont été ajoutées. Récemment repeinte et garnie de jardinières où se côtoient jonquilles et tulipes, la maisonnée est comme ses habitants sereine et heureuse. Ils sont tous à la porte François, Charles, Marie Charlotte, Louis, Geneviève et Pierre bien emmailloté dans les bras de sa maman.
Bonjour Monsieur POINTEZ, bonjour Madame.
Pas de chichi entre nous ! Appelez nous François et Geneviève, entrez
Acceptez ce petit présent en l’honneur de Pierre Louis.
Fallait pas Mademoiselle ! Merci
Rose ! pas de chichi ! Je suis venue pas seulement pour voir votre adorable petit bonhomme mais également pour que vous me parliez de votre vie, de votre travail dans cette ville qui ne cesse d’évoluer.

Et oui ma p’tite demoiselle, il s’en est passé des choses. J’ai commencé à travailler avec mon père à 12 ans, nous entretenions pour quelques sous les potagers et les jardins de personnes âgées, de quelques notaires, médecins mais rien qui rapportait assez. Les Anglais qui sont arrivés avec leurs machines ont mis quelques années avant de gagner assez pour se faire construire de belles et grandes maisons entourées d’un terrain. C’est à cette époque que nous avons pu avoir une clientèle digne de ce nom mais imaginez un peu le travail que nous avons du fournir ! Mes beaux-parents, mes beaux frères, mes frères sont aussi jardiniers. Quand nous avons tout un parc à aménager nous travaillons ensemble. Ces Messieurs sont exigeants, ils veulent reproduire leur Angleterre dans leur jardin. Je sais lire et écrire, j’ai appris à déchiffrer un plan. Et oui ! un plan car ils savent dessiner ces anglais : des arbres là, des fleurs ici, une fontaine au centre, le potager près de la porte de la cuisine et une roseraie avec des bancs pour ces dames.
Vous aimez votre métier, ça se sent à la façon dont vous en parlez. Aimerez-vous que vos enfants reprennent le flambeaux ?
Je n’ai pas envie de leur imposer, ils m’aideront dans mes tâches pour apprendre le métier et ils décideront. A bien y réfléchir, j’en doute. Le tulle offre tellement de nouveaux métiers à l’abri dans une usine, nous verrons. Il ne pleut plus, je vais vous montrez les semis que j’ai préparés dans la serre au fond du jardin.

Je suis François, Geneviève chante une berceuse pour endormir le nouveau-né, les trois ainés sont assis sur le sol et écoutent religieusement la jolie voix de leur maman. La serre prend la moitié du terrain, sur des tréteaux, sur des étagères faites de bois récupéré, à même le sol, des pots de toutes tailles contiennent les précieux semis. François a tout étiqueté et rangé : les fleurs aux couleurs chatoyantes, les légumes, les herbes aromatiques, les herbes médicinales, des arrosoirs, des outils, quelques plantes d’ornements de différents âges finissent de compléter l’inventaire. François, est heureux comme un pinson, il est fière de son travail. Nous rentrons, il me propose un verre que je refuse pour ne pas faire de bruit et réveiller le petit Pierre. Geneviève est épuisée, ses yeux et son sourire me remercient silencieusement.
Je viens d’avoir une charmante discussion, les doux rayons du soleil me caressent le visage. Je reste un moment immobile les yeux fermés, je respire à plein poumon. Le doux parfum des fleurs de printemps, de la terre fertile, de la paille qui a protégé les semailles me titillent encore les narines . Il fait beau, je vais faire une partie du chemin à pied.
La petite Marie Charlotte ne verra pas ses 15 printemps, Charles naitra en 1844 et Marie Julie en 1847. Charles avait raison, aucun de ses enfants ne sera jardinier, ils seront Tullistes. L’un d’entre eux sera fabriquant, deux autres partiront exercer leur métier à Nottingham où tout a commencé.
Voilà un superbe RDVAncestral ! Je découvre ce nouveau blog que je vais suivre avec intérêt .
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Merci.
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Un #RDVAncestral très vivant
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Merci Catherine
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